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Le Blog des EMBÊTÉS

10 MILLIONS DE TUNISIENS: ENTREPRENEURS SANS LE SAVOIR ? Par Dr Neziha Gouider-Khouja et Moncef Bouchrara

10 MILLIONS DE TUNISIENS: ENTREPRENEURS SANS LE SAVOIR  ?  Par Dr Neziha Gouider-Khouja et Moncef Bouchrara

10 millions de Tunisiens : Entrepreneurs sans le savoir ?

Les Tunisiens , une société de héros qui s’ignorent.

La notion d’entrepreneur, ne correspond pas seulement à l’activité économique pure, mais devrait s’élargir au social et au culturel, aussi. Cette extension ne date pas aujourd’hui. Pour la société tunisienne, elle remonte à la nuit des temps. C’est juste qu’elle n’a reçu ce nom que depuis une trentaine d’années, grâce à des personnes, véritables entrepreneurs culturels, dont nous reparlerons sûrement. Leur nom n’est pas connu de tous, leurs idées n’ont reçu que peu d’échos (si elles n’ont pas été raillées !) tant elles étaient novatrices et en avance sur leur temps.

Aujourd’hui ces idées s’imposent. Doivent être diffusées. Parce qu’elles apportent une vraie solution aux problèmes que nous vivons. La solution c’est de créer (révéler ? faire la lumière sur ?) cette société des 10 millions d’entrepreneurs.

Les entrepreneurs sociaux et culturels ont toujours existé dans notre pays. Ce sont eux qui ont fait la civilisation millénaire de la Tunisie. Parmi eux, il y a des personnages historiques dont les noms sont connus de tous les Tunisiens. Et surtout, il y a des milliers d’autres, dont le nom n’a pas connu la postérité. Certains même vivent encore, ne sont pas connus du grand public et nous reviendrons un jour sur les causes de leur mise sous silence.

La particularité de ces personnages c’est qu’ils ont eu, à un moment donné de leur vie, une idée, un coup de génie, qui a servi à construire et à façonner la société dans laquelle ils vivaient. Société littéralement transformée par leur coup de génie et léguée, ainsi modifiée, aux générations suivantes. Qui ont elles-mêmes enfanté d’autres entrepreneurs du même gabarit et ainsi de suite… Ils sont de véritables auteurs anonymes de nos conceptions et de nos attitudes, si particulières à notre pays.

Si bien que la résilience étonnante de notre société, de notre pays, sa résistance aux chocs de tous types (ce que tous appellent souvent l’exception Tunisienne et que beaucoup rapportent uniquement aux acquis Bourguibiens) est la résultante, plus ou moins directe, de cette longue chaîne d’entrepreneurs dont le Président Bourguiba n’a été que le dernier maillon célèbre.

Pour expliquer cette capacité de notre population à enfanter ce type de personnages, on invoque les hasards de l’Histoire, des espèces de coups de chance itératifs. Ce qui enracine en certains, la croyance, qu’il faut attendre, toujours, pour tout, que l’Histoire nous fournisse un Sauveur, Un Grand Homme Providentiel, Un Leader Indépassable. Et les met en situation d’expectative du miracle (qui tarde à venir !). Et leur lie, mains, pieds et esprit.

Notre vision de la société Tunisienne du futur vient contredire frontalement cette croyance.

Une croyance qui, pour des raisons multiples (sur lesquelles nous pouvons revenir) continue d’avoir la vie dure. Et qui empêche chacun d’être lui-même un entrepreneur social.

Nous pensons aussi qu’il y a une contribution de facteurs d’ordre génétique à « l’Exception Tunisienne », liés pour une part au formidable brassage des populations qu’a connu la longue histoire de note petit pays. Y contribue aussi, justement, la petite taille du pays et l’homogénéité relative de sa population. Dans ce petit pays, ce qui est valable pour les maladies génétiques (qui sont dans notre pays favorisées par cette homogénéité et une tendance certaine à l’endogamie) est, à notre sens, valable pour les traits positifs de sa société. Aucun généticien ne pourra nous contredire sur ce point.

Ce que les Tunisiens ne voient que mal, ne distinguent qu’à peine aujourd’hui, c’est que chacun des 10 millions que nous sommes a hérité de cette capacité à être un entrepreneur social et qu’il l’ignore.

Regarder la moitié pleine du verre est indispensable à la construction d’une société de 10 millions d’entrepreneurs. Cela consiste à chercher et à VOIR, les signaux positifs et pourvoyeurs d’espoir dans le marasme actuel que vit le pays. Et que vit l’humanité entière, du reste.

Ces signaux, à mesure qu’on apprend à les voir, se multiplient, semblant venir de nulle part ! Et pourtant, ils ont toujours été là, c’est nous qui ne les voyions pas. Parce que notre regard est distordu par l’habitude de regarder en haut. D’attendre que tout vienne d’en haut. Par « haut », nous signifions, l’ « élite », les décideurs, les dirigeants, les responsables de tous types, les "officiels", dans une démarche Up-Down.

Corriger le sens du regard, apprendre à VOIR en bas, permet de ne jamais regarder que la moitié pleine du verre. Notre société foisonne d’individus créatifs, inventifs, compétents etc… Tout le monde n’arrête pas de dire cela. De se plaindre que ces individus ne soient pas valorisés par ceux d’en haut. Mais… quid de l’idée que la société entière est créative, inventive, compétente ? Et que ce n’est pas à ceux d’en haut de la valoriser, mais à chacun d’entre nous de valoriser chacun d’entre nous ? c'est la démarche Bottom-Up que nous prônons

Nous arriverons alors à faire que chaque citoyen Tunisien soit un entrepreneur social dans son propre périmètre. La sommation des 10 millions de périmètres minuscules aboutirait à une formidable surface de tissu social générateur d’idées et d’avenir. Ré écrire l’histoire du pays et de notre culture quotidienne, en prenant en considération ces héros de l’ombre, nous permet d’accéder à d’autres potentiels qui n’attendent que d’être révélés, reconnus et mis en miroir.

Pour illustrer ce que nous avançons, nous publierons régulièrement sur ce blog, des histoires vraies, de vrais entrepreneurs sociaux qui n’ont rien attendu de personne pour l’être.

C’est sur cela que notre groupe travaille aujourd’hui.

Nous ne nous intéressons pas à la politique ni au pouvoir. Nous ne cherchons rien à obtenir sur ce plan là, ni même à forcer le changement à ce niveau-là.

Notre action est culturelle : amener chacun à changer son regard sur lui-même afin qu’il libère ses capacités longtemps brimées ‘entrepreneur social et culturel.

Drs Neziha Gouider-Khouja et Moncef Bouchrara

@copyright 20 Novembre 2015

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ferid 01/12/2015 18:23

En prenant la défense de Madame G.Guider, Moncef Bouchrara est en accord avec ses idées , ses principes et l'attitude qu'il a toujours eue. Je l'ai eu comme professeur et je me rappelle qu'il prenait toujours la défense des étudiants, du meilleur au moins bon, qu'il nous encourageait beaucoup sans penser à ses intérêts personnels.C'est un des rares cours d'où je suis sorti en me sentant un peu plus quelqu'un.je l'en remercie ici.
99 %des disciples sont fascinés par leurs maîtres à penser, ils l'imitent, le critiquent , se mettent en avant et l'oublient complètement
Ce qui doit compter pour Moncef Bouchrara c'est que chacun de nous se prépare à devenir un acteur social, à son niveau, à devenir quelqu'un, je crois

Neziha Gouider Khouja 02/12/2015 15:27

Si Férid, autant je me suis retenue pour répondre au commentaire insultant et diffamatoire d'un certain Elyes , pour la simple raison que je n'ai pas à justifier ni mon parcours ni ma personne à qui ne le mérite pas, autant votre admiration et votre correction envers Si Moncef Bouchrara méritent que je nuance votre avis par ceci: cet article et beaucoup d'autres sont et seront co-écrits (et donc co-signés) par les deux auteurs. Pour qui connait les règles de la littérature scientifique, il est d'usage de mettre l’aîné en dernier dans une publication. En quoi cela peut-il être interprété comme une "mise en avant du disciple ou un oubli du maître". Je ne suis pas comme vous, l'étudiante ni la disciple de Si Moncef. je suis un penseur libre comme lui et nos idées et actions se sont nourries les unes des autres dans le cadre d'un échange d'égal à égal. De plus ce qui est pris pour "une défense" de si Moncef à mon égard est la pure vérité écrite de la main de l’intéressé. Pourquoi le prendre comme une attitude pour me défendre? Ces discussions nous dévient du débat originel où comme vous dites, ce qui importe est de préparer un avenir pour le pays, mais je tenais à vous apporter ces clarifications. cordialement.

Elyes 27/11/2015 18:45

Madame Guider Khouja ne trompe personne.Elle est la meneuse du groupe qui ramasse les ordures, c'est d'accord, mais quand elle a la prétention de se présenter comme penseur pour nous faire des propositions d'avenir pour la société tunisienne en copiant les idées de Moncef Bouchrara (voir"7 millions d'entrepreneurs" publié il y a fort longtemps) elle ne fait que signer de son opportunisme peu scrupuleux .

Moncef BOUCHRARA 28/11/2015 15:45

Cher Monsieur Ou Madame, peut être ?, et derrière votre pseudo, il est regrettable que vous vous adonniez à l'insulte caractérisée à l'égard de Madame Le Dr NEZIHA GOUIDER KHOUJA, en l'accusant de plagiat et de "meneuse d'un groupe qui ramasse les ordures". L'article que vous venez de lire et qui vous met dans cet état, a été co signé par Elle et par votre serviteur. J'affirme ici que ce qu'elle y apporté était original par rapport à mes propres travaux. Et j'affirme ici que je suis honoré d'avoir fait sa connaissance et de contribuer un tant soit peu, à l'oeuvre et au changement qu'elle et ses compagnons sont en train d'apporter. Quand à la qualification méprisante à vos yeux de "ramasseuse d'ordures", C'est sans doute la meilleure façon de nous dire que vous ne ramassez pas les vôtres. J'en déduis, que par conséquent, votre problème psychologique vis à vis de Madame Gouider Khouja et vis à vis de votre serviteur, dépasse largement le cadre de ce blog et des efforts de milliers de personnes qui ont décidé spontanément de "ramasser les ordures" pour rendre la Tunisie un peu plus vivable. y compris pour des personnes aussi malveillantes que vous. Madame ou Monsieur, je ne vous salue pas...

Martoug 23/11/2015 18:06

ça fait vraiment du bien de relire les reflexions de Moncef Bouchrara.Ses propositions uniques et remarquables sont particulièrement pertinentes à ce moment de l'histoire tunisienne.

Moncef BOUCHRARA 28/11/2015 15:53

Cher Monsieur Martoug, merci pour vos appréciations sur mes anciens travaux. Les textes qui sont publiés dans ce blog sont l'oeuvre pleine et collective des deux signataires. Et je déclare publiquement ici que je suis honoré par la collaboration intellectuelle avec l'éminente Dr Gouider Khouja, pour qui j'atteste mon admiration pour ce qu'elle entreprend avec courage et tenacité pour le bien de tous. Puisse son exemple fleurir et se multiplier.

Neziha Gouider-Khouja 23/11/2015 23:46

Merci beaucoup pour votre commentaire. il fait plaisir aux deux auteurs qui partagent la même vision et les mêmes espérances.