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Le Blog des EMBÊTÉS

Nous n'avons pas de pétrole...mais nous avons des monuments, ça peut faire l'affaire. Pr Neziha Gouider-Khouja

Nous n'avons pas de pétrole...mais nous avons des monuments, ça peut faire l'affaire. Pr Neziha Gouider-Khouja
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Nous n'avons pas de pétrole...mais nous avons des monuments, ça peut faire l'affaire. Pr Neziha Gouider-Khouja

Ces moments extraordinaires où des citoyens (surtout des enfants) du 21ème siècle ont pris soin des vestiges laissés par leurs ancêtres du 2ème Siècle, ressemblaient à ces moments, que chacun a sûrement vécu, où l'on prend soin avec amour, avec respect, avec précautions, d'un père ou d'une mère, devenus vieux, devenus fragiles, amoindris, mais restés beaux et indispensables, par leur présence même.

Ces moments merveilleux, ce dimanche 24 Avril 2016, en un point précis de ce beau pays (dans un espace minuscule à l'échelle du monde), pour de brèves heures (infinitésimales à l'échelle de l'éternité), des Tunisiens d'aujourd'hui ont communié, à travers une histoire millénaire, avec leurs aieux Romains et ceux de toutes les civilisations dont les Aqueducs ont été témoins pendant près de 2000 ans.

Les Aqueducs millénaires étaient tellement beaux sans ordures et sans mauvaises herbes à leur pied, tellement beaux entourés de trottoirs propres et peints, tellement beaux quand ils ont été symboliquement illuminés pour quelques heures, que nous récidiverons certainement.

Donc, nous récidiverons. Ailleurs. Autrement. Mais nous récidiverons.

L'illumination symbolique des Aqueducs du Bardo par des citoyens est un tournant décisif dans la courte l'histoire des actions citoyennes en Tunisie, cependant , comme après chaque action, une fois le bonheur d'agir pour le pays bien dégusté, nous essayons de tirer des enseignements de nos actes et de nos observations.

1- Quelle adhésion des citoyens à l'action " Je nettoie mon patrimoine architectural et archéologique et je le maintiens propre"?

- Au niveau national, l'adhésion a été quasi nulle. En tous cas, aucune photo n'a circulé sur le net concernant des actions ailleurs qu'aux Aqueducs du Bardo.

Et pourtant, nous sommes en plein mois du Patrimoine (18 Avril-18 Mai).

Et pourtant, la campagne d'information et d'appel à cette action a été lancée très tôt et a été largement relayée par les médias et les réseaux sociaux.

Et pourtant, l'action a été élaborée, pour le maximum de sécurité, avec des experts architectes et un chercheur de l'Institut du Patrimoine.

Et pourtant son principe était simple, ne nécessitant que très peu d'organisation et peu de moyens comme toutes les actions du groupe OAEEPV.

Et pourtant l'enthousiasme autour de cette action a été bien plus grand que pour les éditions mensuelles habituelles de l'action ""Je nettoie ma rue et je la maintiens propre".

Comment s'expliquer alors la défection des Tunisiens vis à vis de leurs 100 000 sites et monuments? Est-ce l'effet d'un "militantisme virtuel" qui agit comme un anesthésiant, comme s'il paralysait les velléités d'action physique, par l'expression seule du désir d'action sur la toile. Hypothèse évoquée brillamment par Mme Najla Chaar experte en communication dans un de ses articles datant déjà de 2013 et republié récemment sur ce magazine.

Mais cette explication n'est pas suffisante. J'y reviendrai.

- Au niveau local de l'action des Admins du Groupe OAEEPV et de membres de 2 associations partenaires, autour des Aqueducs du Bardo, l'adhésion des municipalités et des citoyens (surtout les enfants) a été phénoménale.

La citoyenneté active c'est comme le Téléthon: beaucoup de promesses de dons...avec au final une centaine de citoyens qui ont effectivement "donné".

L'ambiance était comme toujours extraordinaire, le travail abattu énorme et le résultat époustouflant, dépassant nos espérances., comme à chaque fois.

Les citoyens investissant l'espace public, se l'appropriant, éprouvent une forme d'émancipation grisante, jubilatoire, qui incite à la récidive. Pour preuve, les mêmes enfants qui ont participé aux actions autour de l'Ecole de la Rue des Orangers nous ont rejoints spontanément autour des Aqueducs et ont fait un formidable travail dans la joie.

Les citoyens qui découvraient l'action citoyenne pour la première fois ont fait part de leur étonnement que "tout cela" soit le fait de citoyens et soit auto-géré, ont eu du mal à admettre qu'il ne s'agissait pas d'un évènement officiel organisé par des institutions ou des partis, ont dit clairement qu'ils ne pensaient pas cela possible avant de l'avoir vu faire devant eux et avec eux.

D'où une deuxième explication de la défection au niveau national : on peut la résumer par cette phrase de Rosa Luxembourg " Ceux qui ne bougent pas , ne sentent pas leurs chaines ". Un sentiment erroné d'impuissance, entretenu par une longue culture du "Up-Down", que notre groupe pour la nouvelle culture citoyenne en Tunisie fait tout pour rayer de nos mécanismes de fonctionnement.

Chaque citoyen peut devenir un donneur d'ordre implicite, pour peu que lui-même bouge, agisse pour le bien collectif et fasse son travail de citoyen, c'est à dire s'implique activement dans le changement voulu.

Tout le problème est comment faire en sorte que ce changement ne soit pas juste appelé par des voeux. Qui restent des voeux, même s'ils sont très pieux.

2- Quel comportement des autorités?

- Les autorités locales, les municipalités ont été exemplaires, comme à chaque fois que le citoyen a bougé , elle ont répondu présentes

Ceci est une constante de l'action citoyenne. Malgré des degrés d'implication variables, des moments d'intervention différents, la Municipalité du Bardo  et la Municipalité de Tunis  (Arrondissement El Omrane) ont épaulé les citoyens, mis les moyens logistiques qu'il fallait et fait ce qu'il fallait ce dimanche 24 Avril . Qu'elles en soient vivment remerciées. 

Le problème du suivi des actions et de l'entretien des lieu embellis par les citoyens, de leurs propres deniers est un vrai problème qu'il faudra aborder un jour. C'est un problème qui devra être clairement posé, parce que sa résolution passe par l'octroi de moyens matériels ( bennes et généralisation du tri sélectif), l'amélioration des modalités de fonctionnement  des municipalités, la coordination et l'information des citoyens et surtout urgemment , par l'application des lois aux contrevenants, que nous ne cessons de réclamer à cor et à cri. 

En attendant, ne boudons pas notre plaisir: saluons et rendons hommage à ces deux municipalités, responsables et agents confondus. Elles n'ont jamais laissé tomber les citoyens agissants. 

 
Nous n'avons pas de pétrole...mais nous avons des monuments, ça peut faire l'affaire. Pr Neziha Gouider-Khouja
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- Les autorités " centrales " qui auraient logiquement pu se sentir concernées,   par cette intitiative citoyenne (et qui ont même été explicitement appelées à réagir dans le communiqué de presse citoyen),  ont été remarquablement absentes. Absentes pour l'appel citoyen, s'entend.  Elles ont certainement été très actives, nous n'en doutons pas, sur des actions officielles et programmées par elles. 

Mais aucune des instances interpellées par notre communiqué ne s'est manifestée aux cotés des citoyens. (Ministère de l'Education, Ministère du Tourisme, Agence de Mise en valeur du Patrimoine, Institut du Patrimoine). Il est vrai que le  Directeur de l'Information de l'Agence de mise en valeur du patrimoine a participé, à titre personnel dans la phase d'élaboration de l'action, qu'il en soit vivement remercié. 

Explication logique, à leur décharge, les actions citoyennes ont le tort de ne pas  satisfaire à la procédure administrative habituelle: en effet, ces autorités n'ont pas été saisies  "directement " par courrier officiel ni "sollicitées" par écrit par les initiateurs de l'invitation citoyenne à l'échelle nationale. Qu'aurions-nous sollicité? Des pelles, des rateaux, des balais, des gants et des sacs poubelle, des pots de peinture, des pinceaux ? Ou bien les 2 ou 3 centaines de dinars pour l'achat de matériel nécessaire ? Quel affront nous aurions infligé à nos pouvoirs publics habituées à etre sollicités pour des millions et des milliards! 

Comment expliquer à tous que l'action citoyenne, étant par essence "citoyenne", individuelle, volontaire, bénévole , autogérée, frugale en moyens, n'a besoin ni d'argent ni de courriers administratifs pour exister. N'a pas besoin de passer par les arcanes adminstratives usuelles et indispensables à tout mouvement, à toute respiration, dans notre pays. L'action citoyenne ne sollicite que le coeur et la sueur des patriotes.  Un jour, il faudra bien que chacun comprenne la différence entre action citoyenne et campagne. Toute une nouvelle culture à intégrer dans nos modes de fonctionnement. Ça viendra. 

Par leur absence en dehors des circuits prévus par eux pour ce mois du Patrimoine, nos autorités, ont peut être voulu rappeler aux étourdis que nous sommes,  que ce qui n'existe pas dans un courrier administratif et ne fait pas l'objet de sollicitations directes, n'existe pas tout court.  Un jour il faudra bien que chacun comprenne que le citoyen agissant est une espèce en voie d'apparition, qui a le droit d'exister. Tout un nouveau système où l'échelle sur laquelle se mesure la valeur de l'individu doit être revue, bouleversée. Ça viendra. 

A la décharge aussi de nos autorités,  il y a en ce moment trop de débats "importants" qui envahissent l'espace vital de tous et qui altèrent la respirabilité de l'air. Tout le monde croule tellement sous le poids des "vrais" problèmes du pays  que l'insalubrité et la déterioration du patrimoine historique peut être considérée par certains comme un "épiphénomène". 

Et pourtant quelle belle opportunité ces instances ont eue de se faire aider par des milliers de citoyens, sur le chantier énorme de la reconstruction d'une identité emiéttée, morcelée, d'une culture du patrimoine quasi absente chez le tunisien moyen, d'une insalubrité qui dépasse les moyens matériels et moraux de l'Etat, tant elle est généralisée et tant la responsabilité en est diluée, insaisissable, entre le laxisme des uns et l'incivilité des autres. 

Quelle opportunité ratée de booster le tourisme intérieur, partant de l'hypothèse que quand un être humain prend soin d'un endroit, il se met à l'aimer, il prend pour lui de la valeur et il garde l'envie de le préserver, de l'entretenir et d'y revenir.  " On est responsable de ce qu'on a apprivoisé" disait de Saint-Exupéry.  Si des milliers de Tunisiens avaient apprivoisé, à cette occasion de nettoyage et d'embellisement, leur patrimoine architectural et archéologique, des milliers de "responsablités" auraient éclos. 

Quelle opportunité ratée pour d'apprendre à des écoliers à connaitre leur histoire en en prenant soin. Une grande discussion a eu lieu entre citoyens sur l'âge exact des Aqueducs,  qui les a construit, à quoi ils servaient, beaucoup l'ignoraient.

Quelle opportunité ratée pour  entendre les suggestions des citoyens sur la nécessité de signalétiques adéquates pour que le Tunisien connaisse sinon l'histoire, au moins l'existence d'un monument ou d'un site à deux pas de chez lui. 

Pour l'heure, et à force de chercher du pétrole alors que nous laissons dépérir nos monuments, en dehors du tronçon nettoyé et embelli ce 24 avril,  les Aqueducs de Tunisie, les plus longs du monde Romain, sont seulement signalés par des tas d'ordures et des voitures garées sous leurs arcades.

Des milliers d'autres sites et monuments connaissent le même triste sort. Une honte parmi d'autres pour nous. 

 

Pr Neziha Gouider-Khouja

Pour les Admins groupe OAEEPV

26 Avril 2016

@copyright Le Journal d'un Groupe Citoyen Tunisien

Credit photo @Max Ramponi Photography

 

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Le Blog des Embêtés 27/04/2016 09:54

Merci Si Khaled!

KHALED KHOUDJA 27/04/2016 09:32

BRAVO C'EST PRO